DIAMANDA GALÁS – L’Heautontimoroumenos (Baudelaire)
Diamanda Galás’s interpretation of Baudelaire’s poem. From Saint of the Pit (1986)
“The smile of the Buddha, that smile which overhangs the world, does not elucidate our faces. At best, we conceive happiness; never felicity, prerogative of civilizations based on the idea of salvation, on the refusal to savor one’s sufferings, to revel in them; but, sybarites of suffering, scions of a masochistic tradition, which of us would hesitate between the Benares sermon and Baudelaire’s Heautontimoroumenos? I am both wound and knife”—that is our absolute, our eternity.”
CIORAN
Poem by Charles Baudelaire (from “Les Fleurs du Mal”, 1857)
Je te frapperai sans colère Et sans haine, comme un boucher, Comme Moïse le rocher Et je ferai de ta paupière,
Pour abreuver mon Saharah Jaillir les eaux de la souffrance. Mon désir gonflé d’espérance Sur tes pleurs salés nagera
Comme un vaisseau qui prend le large, Et dans mon coeur qu’ils soûleront Tes chers sanglots retentiront Comme un tambour qui bat la charge!
Ne suis-je pas un faux accord Dans la divine symphonie, Grâce à la vorace Ironie Qui me secoue et qui me mord
Elle est dans ma voix, la criarde! C’est tout mon sang ce poison noir! Je suis le sinistre miroir Où la mégère se regarde.
Je suis la plaie et le couteau! Je suis le soufflet et la joue! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau!
Je suis de mon cœur le vampire, — Un de ces grands abandonnés Au rire éternel condamnés Et qui ne peuvent plus sourire!

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